Albert Bourla évoque les dessous de l’adoption de la nouvelle technologie de vaccin à ARNm

Lors d’une récente interview accordée au « Washington Post », Albert Bourla, PDG de Pfizer, a expliqué pourquoi le choix de la technologie de l’ARNm était « contre-intuitif » pour produire un vaccin efficace.

« C’était contre-intuitif parce que Pfizer maîtrisait, avait une très bonne expérience et expertise avec de multiples technologies qui pourraient donner un vaccin. Les vaccins à base d’adénovirus, nous étions très bon à les produire. Les vaccins protéiques, nous avons été très bons dans ce domaine, ainsi que de nombreuses autres technologies. Nous avions moins d’expérience dans l’ARNm, seulement deux ans de travail là-dessus, et en fait, l’ARNm était une technologie qui n’a jamais livré un seul produit jusqu’à ce jour, pas un vaccin, pas un autre médicament. C’était donc très contre-intuitif, et j’ai été surpris quand ils m’ont suggéré que c’était la voie à emprunter, et je l’ai remise en question, et je leur ai demandé de justifier ce choix : ‘Comment pouvez-vous dire une chose pareille ?’. Mais ils sont venus, et ils étaient très convaincus que c’était la bonne voie à suivre. Ils ont estimé que les deux années de travail sur l’ARNm depuis 2018 en collaboration avec BioNTech pour développer un vaccin contre la grippe les ont persuadé que la technologie était mature et que nous étions sur le point de livrer un produit. Ils m’ont alors convaincu. J’ai suivi mon instinct me dictant qu’ils savaient ce qu’ils disaient. Ils sont très bons, et nous avons pris cette décision très difficile à ce moment-là. », a-t-il déclaré, avant de vanter les mérites de la technologie de l’ARN messager. « Nous avons choisi d’aller avec quelque chose qui était clairement plus risqué, mais si nous réussissions, il semblait qu’il avait toutes les fonctionnalités nécessaires pour lutter contre une pandémie de manière rapide et à grande échelle. », ajoute-t-il plus tard au cours de l’entretien.